Prédication disponible en format audio.
Dans l’Evangile du Mercredi des Cendres, Jésus nous a mis en garde par trois fois contre le danger majeur de toute vie spirituelle : l’orgueil, qui nous pousse à nous mettre en avant, d’une manière ou d’une autre, dans une affirmation du « moi » qui est souvent un cri de détresse : la soif d’être reconnu, aimé, admiré, loué…
« Quand tu fais l’aumône, ne vas pas le claironner devant toi ; ainsi font les hypocrites dans les synagogues et les rues, afin d’être glorifiés par les hommes »…
« Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu’on les voie »…
« Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu’ils jeûnent »…

Dans notre société qui nous pousse à nous mettre en scène sur les réseaux sociaux, pour qu’on nous voie, qu’on nous applaudisse, qu’on dise toute sorte de bien sur nous, ces avertissements sont redoutables… Pour Jésus, en effet, ce n’est pas l’apparence extérieure qui compte avant tout, mais le cœur…
Et il nous indique le chemin du bonheur : non pas nous regarder nous-mêmes, nous soucier de nous-mêmes, nous préoccuper de nous-mêmes, mais nous tourner vers un Autre que nous-mêmes pour le regarder Lui, l’écouter Lui et nous réjouir de ce qu’il fait Lui… Telle est son attitude éternelle : « Le Fils Unique, qui est tourné vers le sein du Père, l’a fait connaître » (Jn 1,18). Et c’est en regardant le Père, qu’un jour, « Jésus tressaillit de joie dans l’Esprit Saint : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits » (Lc 10,21). « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15,11). En effet, « Qui regarde vers Lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » (Ps 34(33),6).
« J’ai décidé de m’oublier moi-même. Dès lors, je fus heureuse » (Ste Thérèse de Lisieux).
« Cela vous paraît difficile de vous oublier. Si vous saviez comme cela est simple ! Je vais vous donner mon secret. Pensez à ce Dieu qui habite en vous, dont vous êtes le Temple. C’est Saint Paul qui parle ainsi, nous pouvons le croire. Petit à petit, l’âme s’habitue à vivre en sa douce compagnie, elle comprend qu’elle porte en elle un petit ciel où le Dieu d’Amour a fixé son séjour. Alors, c’est comme une atmosphère divine en laquelle elle respire. Il n’y a plus que son corps qui est sur la terre, son âme habite en celui qui est l’Immuable ».
« Il me semble qu’au ciel ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles et de les transformer en lui » (Ste Elisabeth de la Trinité).
Prions
Tu nous invites Seigneur pendant ce temps du Carême à nous tourner vers toi de tout cœur, en nous détournant au même moment de tout ce qui nous ramène à nous-mêmes… « Viens à notre secours, Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés » (Ps 80(79)).
Vendredi après les cendres – 20 février 2026 – D. Jacques Fournier pour jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.
