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Mercredi 11 mars : Mt 5, 17-19

Commentaire :

 

Jésus est très clair : il ne vient pas abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir.

Entre ces deux verbes se joue bien plus qu’une nuance de vocabulaire : deux visions profondément différentes de Dieu, de l’histoire et de l’homme.

 

« Abolir » laisse entendre une rupture nette, comme si ce qui précédait était mauvais ou devenu inutile, une logique où l’on efface tout pour recommencer autrement. A l’inverse, « accomplir » vient prendre appui sur ce qui précède pour le porter à maturité et en révéler la finalité profonde.

Jésus, Parole vivante et incarnée refuse ainsi toute logique de confrontation avec la Loi et les Prophètes. Ceux-ci sont les premières pierres de la Révélation de Dieu et sont portées par le même cœur d’amour du Père.

Si le cœur du Père ne change pas, Sa révélation, elle, ne tombe pas du Ciel mais se tisse patiemment, fil après fil, au cœur de l’histoire humaine avec ses réalités, ses combats, ses peurs, ses lenteurs et ses espérances.

Dieu se révèle en marchant côte à côte avec l’homme, en tenant compte de ses capacités et avec une pédagogie pleine de patience et de tendresse, tel un Père éduque son petit enfant. Jamais dans une logique de crainte ou d’enfermement mais toujours pour aller vers une plus grande liberté et un amour plus vrai.

 

« L’accomplissement de la Loi c’est l’amour » écrit St Paul (Rm 13,10).

 Par sa fidélité parfaite à la Loi, Jésus nous en révèle le sens profond : faire jaillir la vocation de l’homme à aimer et à se laisser aimer.

Or, ce mouvement d’accomplissement ne concerne pas seulement l’histoire du peuple juif. Il éclaire aussi notre propre histoire, aujourd’hui. En effet, nous sommes souvent tentés de vouloir abolir notre passé, d’effacer nos fragilités et nos erreurs. Mais Dieu ne nous demande pas de rayer ce que nous avons été.

Au contraire, Il nous invite à offrir nos zones d’ombre comme lieu d’accomplissement de Sa volonté. Dieu n’a ni peur ni honte de nos ténèbres. Au contraire, Il désire les rejoindre pour les transformer par le don inconditionnel de Son amour qui sauve et restaure.

 

Ainsi, Jésus nous révèle un Dieu qui n’efface pas l’histoire, mais qui la sauve de l’intérieur. Un Dieu qui voit en chacun de nous non pas un échec à corriger, mais une histoire sainte à accomplir.

 

Prière :

 

Mon Père,

je m’abandonne à toi,

fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout,

pourvu que ta volonté s’accomplisse en moi.

 

Charles de Foucauld

Mercredi de la 4ème semaine de Carême – 11 mars 2026 –Liliane TAILE laïque jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.