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Bonjour à tous.

« Accueillir le véritable bien de la vie que Dieu donne à tous avec amour. » (Pape Léon XIV)

Accueillir la vie avec un grand V, tel pourrait être, en résumé, ce qui nous est proposé dans les deux lectures d’aujourd’hui, séparées par le Psaume 45 qui fait si bien le passage entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans la première lecture, Ézéchiel voit jaillir du temple, une source et « l’homme céleste », l’ange peut-être de sa vision, l’amène à l’entrée d’un temple qui n’existe pas encore, et de l’eau jaillit sous le seuil du temple pour devenir finalement un fleuve. « Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu » dit le Psaume. On ne peut que penser à l’Esprit Saint, comme le révèle Jésus, le dernier jour de la fête des Tentes. En Jn 7 à partir du verset 37, il est écrit : « Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. »

Ainsi, avec Jésus, la source n’est plus seulement localisée à Jérusalem, c’est une source intérieure à tous les croyants. Joyeusement, l’Esprit Saint irrigue notre âme.

Et dans cette eau qui coule du temple, et qui finalement devient un fleuve immense, on peut voir comme la progression de l’œuvre de l’Esprit Saint dans nos vies. Nous avons d’abord de l’eau jusqu’aux chevilles. On pourrait dire que déjà les pieds savent où se poser, notre marche dans l’Esprit Saint est déjà guidée. Nous avons choisi de suivre Jésus, en entretenant une relation personnelle avec lui, avec la parole de Dieu, par une vie fraternelle, une vie de service, par la fréquentation des sacrements, par la prière. Et « l’homme céleste » nous fait alors traverser l’eau et on en a jusqu’aux genoux. Une force nouvelle nous est donnée, n’est-il pas écrit en Isaïe 35, aux versets 3 et 4 : « Affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : Soyez forts, ne craignez pas. » Puis, nous avons de l’eau jusqu’aux reins. L’Esprit Saint est maintenant comme une ceinture autour de nos reins. Comme Jean-Baptiste qui portait une ceinture de peau autour de ses reins, nous sommes dans la dépendance totale du Seigneur, prêts à nous dépouiller d’un certain nombre de choses, de ce qui dans notre vie est de l’ordre du bien-être, et peut-être pas du bonheur. Il nous faut alors renoncer à notre volonté propre, aux relations affectives qui ne sont pas saines, et nous arrivons en eau profonde. Le torrent est infranchissable, on ne peut plus marcher. C’est l’eau qui nous porte. C’est l’Esprit Saint qui nous fait entrer dans son courant de grâce. Tout est grâce. Et la vie de Dieu va apparaître en tout lieu où arrive le torrent, l’Esprit Saint vient nous guérir et nous donner sa force pour vivre et pour répandre autour de nous toutes ces facettes du fruit de l’Esprit Saint que sont : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi », comme il est écrit en Galates 5,22.

« Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! » comme nous le dit le Psaume. Et l’eau de la piscine de Bethzatha est impuissante sans Jésus. C’est Jésus par Sa Parole qui va guérir le paralytique. 

Jésus dit au paralytique : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »

Prends ton brancard. Cet homme n’a plus besoin de son brancard. Mais il lui faut témoigner de sa guérison.

Cette injonction « Lève-toi, prends ton brancard, et marche » est aussi une incitation à entrer dans une vie nouvelle, avec le brancard certes, avec notre passé, mais un passé apaisé, pardonné, où le retour en arrière n’est plus possible. Mais ce brancard me rappelle que je ne dois pas oublier, que je ne dois pas me recoucher sur mon brancard. Et peut-être aussi comprendre que quelqu’un que j’ai vu à terre, attendant sa guérison, est peut-être guéri maintenant, ne pas oublier que lui aussi a peut-être changé.

 

Prions. Seigneur, merci pour ce don extraordinaire de ton Esprit Saint, que tu fais à chacun de nous. Que nous soyons ces arbres qui poussent au bord du torrent, nous nourrissant de Ta Parole. Que nous sachions trouver le vrai bonheur en cette plénitude de vie que tu nous donnes dès aujourd’hui. Sois « pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert ». Aide-nous à nous convertir dans le quotidien de nos vies, ouvre nos yeux sur les gestes de réconciliation que nous n’avons pas encore faits, sur les personnes que nous savons dans le besoin et que nous n’avons pas encore aidées, sur tout ce que nous avons encore à changer en nous… Aide-nous à être ce jardin bien irrigué, cette source où les eaux ne manquent jamais. Amen.

Mardi de la 4ème semaine de Carême – 17 mars 2026 – Joëlle GAUD laïc jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.