Prédication disponible en format audio.
Il est dit dans l’Ancien Testament, en particulier dans le livre du Lévitique, au chapitre 19, au verset 18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il n’est certes pas écrit : « tu haïras ton ennemi », au sens où nous pouvons l’entendre actuellement, mais les relations de bonne entente ne se comprenaient alors que dans le cadre de la communauté. Et aujourd’hui, voilà que Jésus nous dit dans l’Évangile de ce jour : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » Après la lecture de cet Évangile, nous comprenons que nous ne pouvons pas être chrétien et ne pas aimer. Dieu est amour. Lui seul peut me donner d’aimer sans mesure, d’aimer toujours plus, d’aimer de cet amour « agapê », l’amour de Dieu, qui va tellement plus loin que l’amour humain, l’amour-amitié « philia », dont Pierre dit aimer Jésus à la fin de l’Évangile de saint Jean.
L’amour est le thème central du christianisme. et je ne peux pas dire : « J’aime Dieu, mais je ne peux pas supporter telle ou telle personne. » Dans la 1ère lettre de saint Jean, au chapitre 4 et au verset 20, nous lisons : « Si quelqu’un dit : j’aime Dieu, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. »
On a parfois envie de discuter. « Oui, mais il y a peut-être plusieurs façons d’aimer… Si c’est mon ennemi, je peux peut-être me contenter de ne pas l’agresser, de l’ignorer… Est-ce qu’on pourrait suggérer que cela suffit pour dire qu’on aime ses ennemis ? »
Et c’est vrai qu’en face de certaines actions de certaines personnes, surtout lorsque c’est dirigé contre moi, et que cela me fait mal, c’est parfois la chair qui réagit, mais j’ai à décider de ce qui va l’emporter en moi : la chair ou l’Esprit. La chair va m’emmener vers des réactions qui ne me feront pas avancer : l’amertume, la colère, l’envie de prendre ma revanche ou de faire reconnaître que j’ai raison. Savoir qui a raison ne sert souvent à rien. Mais, si je marche selon l’Esprit, je prie pour quelqu’un qui me fait du mal, je bénis quelqu’un qui m’a blessé, je pense, si cela peut m’aider, au petit garçon ou à la petite fille qu’ils ont été un jour, blessés eux-mêmes, je réalise que moi aussi, je suis blessé (- e). Ne sommes-nous pas tous blessés, blessables et blessants ? Alors je demande à Dieu de faire grandir en moi cet amour qu’il a placé dans mon cœur profond, cet amour qui vient de lui et que parfois je ne comprends même pas avec mon intelligence. Je lui demande de me donner ce regard d’amour qu’il a sur chacune de ses créatures.
L’amour s’adresse aussi à mes ennemis, à toute personne, quelle qu’elle soit, dont le Seigneur me donne de croiser la route. Et s’il m’arrive de rencontrer des personnes que je considère comme des ennemis, ou si ce sont des personnes qui ne m’aiment pas pour toutes sortes de raisons, je prie pour elles, je les bénis, c’est-à-dire je dis du bien d’elles, je ne les maudis pas, c’est-à-dire, je ne dis pas du mal d’elles, donc je ne parle pas aux uns et aux autres des problèmes que nous avons entre nous, je ne me lance pas dans les ladi-lafé. Et je prie notre Seigneur de mettre en moi le désir de pardonner et de me donner la force de le faire.
Prions. Avec Saint François d’Assise qui a vécu cet amour inconditionnel, faisons nôtre sa prière.
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
Amen !
Samedi de la 1ère semaine de Carême – 15 mars 2025 – Joëlle Gaud, laïc – Jevismafoi.com en partenariat avec Radio Arc-en-ciel.