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Pendant l’octave de Pâques, l’Église ne se contente pas de célébrer un événement passé : elle en déploie toute la force actuelle. Jour après jour, un même cœur de message se fait entendre, se précise et s’approfondit. Ce cœur porte un nom ancien, mais essentiel : le kérygme, c’est-à-dire l’annonce de la mort et la résurrection de Jésus.
Ce kérygme tient en quelques éléments simples et puissants : Jésus est mort, il est ressuscité, il offre le pardon des péchés, et cette Bonne Nouvelle est destinée à tous. Loin d’être une formule abstraite, il prend chair dans les récits évangéliques de l’octave, et trouve une expression particulièrement dense dans l’évangile selon Saint Luc, évangile de ce jour.
Dans ce passage, les disciples sont encore enfermés dans la peur. Le Christ ressuscité se tient au milieu d’eux. Ils sont saisis de trouble et de peur.
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? »
Jésus prend alors l’initiative de rassurer ses disciples : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! » Il leur demande de le toucher et va même manger devant eux. Il insiste sur la réalité corporelle de sa résurrection.
Le message est clair : la Résurrection n’est ni une idée ni une illusion. Elle est un fait, une rencontre, une expérience.
Mais ce qui se joue ici dépasse la simple reconnaissance. Jésus accomplit un geste décisif : il ouvre leur intelligence à la compréhension des Écritures. En faisant cela, il relie son destin – sa passion, sa mort et sa résurrection – à toute l’histoire biblique. Le kérygme n’est pas une invention tardive ; il est l’accomplissement d’une promesse divine.

Puis vient la parole qui résume tout :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations… »
En quelques lignes, le kérygme est entièrement formulé :
- La passion
- La résurrection
- La conversion
- Le pardon
- L’universalité de l’annonce
Enfin, le récit atteint son sommet dans une parole brève, mais décisive :
« Vous êtes témoins de cela. »
Et là tout bascule,
Ils ne sont plus seulement ceux qui ont vu.
Ils ne sont plus seulement ceux qui ont entendu.
Ils deviennent ceux qui doivent dire.
« Vous êtes témoins. »
Témoins.
Non pas savants.
Non pas spécialistes.
Non pas maîtres.
Témoins.
Ceux qui ont vu et qui ne peuvent pas se taire.
Ceux qui ont reçu et qui doivent donner.
Ceux qui ont été rejoints et qui doivent rejoindre.
Car la résurrection n’est pas un souvenir.
La résurrection est un envoi.
Elle ne ferme pas l’histoire.
Elle l’ouvre.
Elle ouvre un temps nouveau.
Le temps des témoins.
Le temps de l’Église.
Le temps où Dieu passe par les hommes.
Cette dynamique traverse toute l’octave de Pâques. Marie-Madeleine est envoyée annoncer la Résurrection. Les disciples d’Emmaüs retournent à Jérusalem pour témoigner. Thomas passe du doute à la confession de foi. Chaque rencontre avec le Ressuscité débouche sur une parole adressée aux autres.
Ainsi, l’octave de Pâques apparaît comme une véritable école du kérygme. Elle enseigne que la foi chrétienne ne commence pas par une morale ou un système de pensée, mais par une annonce : quelque chose s’est produit, et cela change tout.
Dans un monde souvent en quête de sens, ce message conserve une étonnante actualité. Il ne s’impose pas, mais il se propose. Il ne contraint pas, mais il appelle. Et surtout, il engage : car celui qui rencontre le Ressuscité ne peut garder pour lui ce qu’il a vu et compris.
Au fil de ces huit jours, une conviction s’impose peu à peu :
Le kérygme n’est pas seulement le contenu de la foi, il est son point de départ vivant.
« Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde ». A travers cette parole fulgurante, Sainte Catherine de Sienne éclaire d’une manière saisissante et actuelle le cœur du message pascal : une rencontre qui transforme et une foi qui ne peut rester silencieuse.
Et si l’octave de Pâques n’était rien d’autre que cela : apprendre à devenir, à la suite des premiers témoins, des hommes et des femmes embrasés par la Résurrection.
Comme les disciples nous connaissons également ces temps de déception, de tristesse, de confusion et de peur, nous pouvons être incrédules mais Jésus, nous appelle à garder confiance, à expérimenter la rencontre avec lui et à des Témoins.
Aussi : prions :
Seigneur Jésus, tu es vivant même quand j’ai peur ou quand je doute,
Aide-moi à garder confiance,
Ouvre mon cœur à ta Parole,
Apprends-moi à te reconnaître chaque jour,
Fais de moi, un Témoin de ton Amour, Amen.
Le jeudi de l’octave de Pâques- 9 avril 2026 – 8 avril 2026 – karine PAYET ELISE et Delphine HERBLAY, laïques dominicaines de la Fraternité saint Dominique, jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.
