Prédication disponible en format audio.
Bonjour mes frères et sœurs en Christ,
Aujourd’hui, l’Église se tait. Les cloches ne sonnent pas. Les autels sont nus. Et nous voilà devant la Croix.
L’évangile de Jean nous conduit pas à pas à travers la Passion. Gethsémani, l’arrestation, les interrogatoires, les reniements de Pierre, la flagellation, Pilate qui se lave les mains, et enfin le Golgotha. Chaque scène est un coup porté à celui que nous appelons Seigneur.
Ce qui frappe chez Jean, c’est la dignité de Jésus tout au long de ce chemin. Il ne subit pas les événements, il les traverse. Quand les soldats viennent l’arrêter et qu’il dit simplement « C’est moi », ils reculent et tombent à terre. Même enchaîné, même humilié, quelque chose en lui rayonne que personne ne peut éteindre.

Pilate lui pose la question qui résonne encore aujourd’hui : « Qu’est-ce que la vérité ? » Il la pose et repart sans attendre la réponse. Combien de fois faisons-nous pareil ? Nous posons les grandes questions de notre vie, puis nous repartons vite, occupés, distraits, un peu effrayés peut-être par ce que la réponse pourrait changer en nous.
La Vérité, ce jour-là, se taisait devant lui. Avec des épines sur la tête.
Et puis il y a la Croix. « Tout est accompli », dit Jésus avant de rendre l’esprit. Non pas « tout est fini », comme on pourrait le croire. Tout est accompli, tout est mené à terme, tout est donné. Il n’a rien gardé pour lui.
Frères et sœurs, regardons ce Vendredi Saint non pas comme un jour de tristesse stérile, mais comme le jour où nous voyons enfin jusqu’où Dieu est capable d’aller pour nous. Il n’a pas envoyé un messager, il n’a pas écrit une lettre. Il est venu lui-même, il a pris notre chair, notre douleur, notre mort, et il les a traversées de l’intérieur.
Peut-être portons-nous aujourd’hui une croix qui nous pèse. Une épreuve, une blessure, un deuil, une fatigue profonde. Jésus ne nous dit pas que la souffrance n’existe pas. Il nous dit qu’il est entré dedans avant nous, et qu’il nous y accompagne.
Au pied de la Croix se tenaient Marie, Jean, et quelques femmes. Ils n’ont pas fui. Parfois, la chose la plus courageuse que nous puissions faire, c’est simplement de rester. Rester dans la prière quand elle est sèche. Rester fidèle quand c’est difficile. Rester debout au pied de ce qui nous dépasse.
Tout est accompli. Et de ce « tout », notre vie peut renaître.
Prions ensemble :
Seigneur Jésus,
aujourd’hui je me tiens au pied de ta Croix.
Je ne comprends pas toujours le mystère de ta souffrance,
mais je crois que tu m’as aimé jusqu’à ce point.
Prends mes propres croix dans tes mains blessées.
Apprends-moi à ne pas fuir la douleur des autres,
à rester présent comme Marie est restée présente.
Et que ce soir, dans le silence,
je puisse entendre ces mots résonner dans mon cœur :
tout est accompli.
Amen.
