Prédication disponible en format audio.
Chers frères et sœurs, bonjour.
Dans l’évangile du jour, Saint Jean nous rapporte :
« Dans la foule, on avait entendu ses paroles (celles de Jésus), et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. »
Voilà que Jésus est sujet de discorde, de division, mais aussi de crainte et d’admiration :
« Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. »
Et à la question des grands prêtres et des pharisiens, qui demandèrent aux gardes: « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Ils répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Et puis, il y a Nicodème, qui prend la défense de Jésus :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » dit-il aux grands prêtres et aux pharisiens.

Cette phrase peut nous interpeller. Ecouter l’autre, comprendre l’autre.
Dans ce monde inondé de bruits, d’informations – et de désinformations – de toute sorte, de rumeurs et de tiraillements, il nous est bien souvent difficile de prendre le temps d’écouter l’autre, d’écouter Jésus qui se trouve au plus profond du cœur de chacun d’entre nous.
En ce temps de Carême, nous sommes invités à renforcer notre écoute par la prière mais aussi par nos actes ;
Le Pape Léon XIV souligne que « la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre ». Il rappelle que Dieu Lui-même se révèle comme un Dieu qui écoute : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris » (Ex 3,7).
Et le Pape poursuit : cette écoute du cri de l’opprimé est, selon le Pape, « le début d’une histoire de libération ». L’écoute de la Parole dans la liturgie éduque ainsi à une écoute plus profonde de la réalité. Parmi « les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale », l’Écriture rend capables de reconnaître « celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse ». Entrer dans cette disposition intérieure, insiste Léon XIV, c’est apprendre à écouter comme Dieu Lui-même écoute, « j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris », jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ».
Donner un sourire à celui qui est dans la peine, n’est-ce pas écouter l’autre ?
Visiter un malade, discuter avec un être isolé, n’est-ce pas l’écouter ?
Réconforter quelqu’un qui traverse une difficulté, n’est-ce pas l’écouter ?
Aider, comme on peut, celui qui est dans le besoin, n’est-ce pas l’écouter ?
Partager la joie de quelqu’un, n’est-ce pas l’écouter ?
“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait,” nous dit Jésus. (Mt 25, 45)
Prions ;
Le Pape François nous a laissé cette belle prière à Marie, femme de l’écoute :
Marie, femme de l’écoute, ouvre nos oreilles :
fais que nous sachions écouter la Parole de ton Fils Jésus entre les mille paroles de ce monde ;
fais que nous sachions écouter la réalité dans laquelle nous vivons, chaque personne que nous rencontrons, en particulier celle qui est la plus pauvre, démunie, en difficulté.
Marie, femme de la décision, illumine notre esprit et notre cœur, pour que nous sachions obéir à la Parole de ton Fils Jésus, sans hésitations ;
donne-nous le courage de la décision, de ne pas nous laisser entraîner pour que d’autres orientent notre vie.
Marie, femme de l’action, fais que nos mains et nos pieds aillent « en hâte » vers les autres, pour apporter la charité et l’amour de ton Fils Jésus,
pour apporter, comme toi, dans le monde la lumière de l’Évangile. Amen.
Le samedi de la 4e semaine de Carême – 21 mars 2026 – Guy Noël SEVRIN laïc jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.
