Prédication disponible en format audio.

« L’espérance n’est pas l’affaire d’une seule personne.
   L’espérance, nous la bâtissons ensemble !
   L’espérance, nous devons la soutenir ensemble,
   Vous tous, et nous tous qui sommes loin », (Pape François). 
 
Nul n’est jamais trop loin pour Dieu.
 
On ne peut oublier cette expérience de l’abandon qu’a vécue Charles de FOUCAULD dans son enfance et sa jeunesse et en même temps les mains qui se sont tendues vers lui. Il écrit :
 
« Oh, mon Dieu, comme vous aviez la main sur moi et comme je la sentais peu ! Que vous êtes bon !… Et pendant que vous me gardiez ainsi, le temps passait ; vous jugiez que le moment approchait de me faire rentrer au bercail… »
 
« On n’aimera jamais assez ». Ce sont les dernières paroles de l’abbé HUVELIN qui a été un véritable guide spirituel pour Charles de FOUCAULD mais aussi un père spirituel.
Le 1er décembre 1916, quelques heures avant d’être assassiné, Charles de FOUCAULD reprendra ses paroles dans une lettre à sa sœur qui lui parviendra après sa mort. On peut lire ce passage comme le testament spirituel de Frère Charles.
 
« Mais on sait qu’on voudrait aimer, dit-il, et vouloir aimer c’est aimer.
On trouve qu’on n’aime pas assez ; comme c’est vrai, on n’aimera jamais assez, mais le Bon Dieu qui sait de quelle boue Il nous a pétris et qui nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant, nous a dit, Lui qui ne meurt pas, qu’Il ne repousserait pas celui qui vient à Lui ».
 
Les dernières paroles qu’écrit Charles de FOUCAULT résonnent en lui comme ce jour d’octobre 1886, en l’église de Saint Augustin, à Paris. 
Non seulement il a fait l’expérience que nul n’est jamais trop loin pour Dieu mais que le Christ mort et ressuscité lui offrait son pardon. 
C’est là qu’il a commencé maladroitement à se laisser aimer par le Seigneur et à lui offrir son pauvre amour… 
 
Isaïe 49,14-16 : « Sion avait dit : « Yahvé m’a abandonnée ; le Seigneur m’a oubliée. »
Une femme oublie-t-elle son petit enfant, 
est-t-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? 
Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. 
Vois, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains… »
 
 
Après le pardon de Dieu, il s’agit d’accueillir l’Amour du Père qui guérit toute blessure.
L’Eucharistie et l’Adoration seront au centre de la spiritualité de Frère Charles.
En quittant l’église Saint-Augustin, il est envahi par cette paix infinie, une lumière radieuse et un bonheur inaltérable, dit Mgr Jean-Claude BOULANGER.
 
Les fruits de l’abandon à la volonté de Dieu et à son plan providentiel sur nos vies sont multiples. 
Nous ne réalisons pas à quel point, demeurer rivé sur sa propre volonté rend la vie pesante, tout simplement parce qu’on se heurte sans cesse à des limites et à diverses contradictions qu’on ne peut changer. Quand le « moi » est au centre, il pèse lourdement. Certes, dans un premier temps, l’obéissance au divin vouloir de Dieu va contrecarrer, parfois même violemment, notre mode de fonctionnement habituel. Mais très rapidement, ce lâcher-prise de notre volonté produira une certaine légèreté intérieure.
Obéir dégage de la pesanteur du « moi » qui a tendance à tout vouloir gérer et décider.
 
Alors qu’elle est au Noviciat de Caen en 1899, on permet à Léonie d’avoir le portrait de sa sœur Thérèse dans sa cellule, elle en est toute heureuse. Mais même si on venait la lui retirer, elle serait tout aussi légère : Et elle dit :
 
« Il m’est permis d’avoir le portrait de notre ange dans notre cellule ; avec joie, je profite de cette permission et quand elle me sera refusée, je serai heureuse quand même. Je suis prête à  tous les sacrifices qui me seront demandés. »
 
« Si tu savais, ma Petite Mère, écrit-elle encore à sa chère Pauline, comme tout m’est indifférent à présent, je n’aime que la volonté du bon Dieu. C’est une bien grande grâce. »
 
La liberté intérieure est un des fruits les plus délicieux de l’abandon. 
On devient véritablement libre qu’en obéissant à Dieu. 
La volonté superficielle est souvent au service de l’égoïsme.
  La volonté profonde est au service de l’amour-don.
 
« La liberté est cet état où le cœur n’est plus lié par rien, si bien qu’il peut vivre la volonté de Dieu » (Saint François de Sales).
 
La vie devient alors une aventure, l’ordinaire est revêtu du cachet de l’extraordinaire. 
« Que Dieu soit béni ! Aimons sa volonté et n’aimons qu’elle
et de la terre nous ferons un ciel » (Léonie).
 
« Espère le Seigneur, 
Sois fort et prends courage !
 
PRIONS :
Ô  Dieu d’Amour !
Ô Cœurs unis pour toujours dans l’Amour !
Donnez-moi la grâce de vous aimer toujours
et aidez-moi à vous faire aimer.
Je sais que je ne suis pas digne de venir auprès de vous,
mais accueillez-moi en vous et disposez de moi
comme bon vous semble, 
car je vous appartiens entièrement. Amen.

Le Vendredi de la 2e semaine de Carême – 21 mars 2025 – Noëline Fournier, laïc