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Commentaire :

 

Jésus libère un homme possédé et privé de parole. Le geste est objectivement bon : un homme est relevé, la parole est rendue, la vie circule de nouveau.

Pourtant, l’admiration cède rapidement la place au soupçon et l’action de grâce se transforme en accusation brutale : « C’est par Béelzéboul qu’il expulse les démons. »

 

Le ministère de Jésus dérange au point d’être associé à l’œuvre du Mal.

Attribuer à Satan une œuvre de libération révèle un trouble plus profond : l’homme peut voir l’action de Dieu et pourtant refuser d’y reconnaître Dieu. Non par ignorance, mais parce que cette action ne correspond ni à ses attentes ni à ses représentations de Dieu.

Lorsqu’il s’établit juge et interprète exclusif de l’agir divin, le croyant court alors un risque redoutable : juger Dieu au lieu de L’accueillir pour qui Il est. Le regard se ferme, se déforme, jusqu’à ne plus reconnaître Dieu du tout.

Jésus dira ainsi : « Si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres. » (Mt 6,23).

L’aveuglement religieux consiste précisément à croire que l’on voit clair, fort de sa connaissance ou de sa pratique, tout en obscurcissant la lumière que l’on prétend défendre.

Ainsi, le discernement spirituel commence toujours par une conversion du regard pour reconnaître la venue du Royaume de Dieu.

 

Or, le règne de Dieu est une nouveauté radicale. Il manifeste un Dieu libre et souverain qui ne se laisse ni posséder ni enfermer. L’Esprit souffle où Il veut, Il déplace nos sécurités, remet en cause nos certitudes et ouvre des chemins inattendus.

 

Dès lors, la neutralité devient impossible et l’homme doit choisir : demeurer esclave de ses insécurités ou consentir à ouvrir son cœur à une grâce qui le dépasse pour vivre réellement du don de l’Esprit, dans l’unité et l’amour fraternel.

 

 

Prière :

 

Oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble !

C’est comme l’huile précieuse versée sur la tête qui descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron,

et sur le col de ses vêtements.

C’est comme la rosée de l’Hermon qui descend sur les hauteurs de Sion.

En effet, c’est là que l’Eternel envoie la bénédiction, la vie, pour l’éternité.

 

Psaume 133

 

Jeudi de la 4ème semaine de Carême – 12 mars 2026 –Liliane TAILE laïque jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.