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Bonjour mes frères et sœurs en Christ,

Hier, le silence. Aujourd’hui, encore le silence. Mais un silence différent. Ce n’est plus le silence de la mort, c’est le silence de quelque chose qui couve, quelque chose que nous ne savons pas encore nommer.

Ce matin-là, deux femmes s’en vont au tombeau. Elles n’attendent pas la résurrection, elles vont honorer un mort. Elles portent leur deuil, leur fidélité, et sans doute beaucoup de larmes. Elles ne savent pas encore qu’elles sont sur le point de devenir les premièrs témoins du plus grand événement de l’histoire humaine.

La terre tremble, l’ange descend, la pierre est roulée. Et l’ange leur dit : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité. » Ces quelques mots renversent tout. Tout ce que la mort semblait avoir scellé définitivement le vendredi s’effondre en un instant.

Ce qui me touche profondément, c’est que Dieu choisit ces femmes, ces fidèles de l’ombre, pour porter la nouvelle en premier. Pas les grands prêtres, pas les puissants, pas les savants. Celles qui sont venues simplement, avec leur amour et leur peine, sans calcul, sans attente de gloire. Dieu fait souvent ainsi. Il se révèle à ceux qui cherchent humblement, à ceux qui restent quand les autres sont partis, à ceux dont le cœur est plus grand que la peur.

Mais l’ange ne les laisse pas dans la contemplation. Il les envoie aussitôt : « Allez vite dire à ses disciples qu’il est ressuscité. » La foi reçue est une foi à transmettre. On ne garde pas la Résurrection pour soi. Elle est trop grande, trop bouleversante pour rester enfouie dans un cœur.

Et sur le chemin, Jésus lui-même vient à leur rencontre. « Je vous salue. » Si simplement. Le Ressuscité ne leur apparaît pas dans la gloire éclatante qu’on pourrait imaginer. Il marche avec elles, sur la même route poussiéreuse, et il les appelle à ne pas avoir peur.

Frères et sœurs, nous vivons nous aussi des samedis saints intérieurs. Ces périodes où Dieu semble absent, où la prière est sèche et sans goût, où nous avançons dans la grisaille sans rien voir ni ressentir. Ces femmes ne savaient pas ce qui les attendait au bout du chemin. Elles ne comprenaient pas encore. Mais elles sont quand même parties.

C’est ça, la foi. Non pas une certitude confortable, mais la décision de continuer à marcher vers le tombeau, même dans le doute, même dans la nuit, même quand tout semble perdu. Parce que c’est là, précisément là, que le Ressuscité vient à notre rencontre.

Demain, la joie de Pâques. Ce soir, tenons-nous encore dans ce silence habité, ce seuil entre la mort et la vie, et laissons Dieu travailler dans nos cœurs.

Prions ensemble :

Seigneur Jésus,

tu connais mes samedis saints,

ces moments où tu sembles loin et où j’avance quand même.

Donne-moi la fidélité de ces femmes qui sont parties malgré leur peine,

qui ont cherché sans être sûres de trouver.

Quand tu viendras à ma rencontre sur le chemin,

que mon cœur soit assez libre pour te reconnaître.

Et que la joie de Pâques que je vais recevoir demain

me donne le courage de l’annoncer autour de moi.

Amen.

 

Samedi Saint – 4 avril 2026 – Gabriel CHEVILLARD Laïc (assisté par IA) jevismafoi.com et Radio Arc en Ciel, en partenariat avec le SEDIFOP.