Prédication disponible en format audio.

Christ est ressuscité alléluia ! Le Kérygme, cette proclamation solennelle depuis plus de 2000 ans est le cri du croyant qui annonce la victoire du Christ sur la mort. C’est le cri de Pierre, le jour de la Pentecôte : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. » (Ac 2, 36). C’est le cri que le pape François dans son exhortation apostolique La joie de l’Evangile annonce comme « “la première” (…) parce qu’elle est l’annonce principale, celle que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons et que l’on doit toujours annoncer de nouveau » (n°164). Le Kérygme est donc cette annonce brève de l’essentiel de la foi chrétienne, le mystère pascal de la mort et la résurrection du Christ.

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Tous les gestes du Christ, toute sa prédication du Royaume relatés dans les évangiles se comprennent à la lumière de ce Kérygme. Nous avons à revenir à cette annonce « principale » à l’aube de la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne (Cf. n°14) pour que nos contemporains rencontrent Jésus ressuscité avec la conviction qu’il apporte le sens ultime à toute vie humaine, que par sa mort et sa résurrection, il offre la vraie Vie, celle qui n’est pas périssable, celle qui nous vient de Dieu. Autrement dit, par la force de l’Esprit Saint, la vie du Christ ressuscité est communiquée à tous les hommes sauvés sur la croix. Le pape François précise que « ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec le Christ la joie naît et renaît toujours » (n°1).

Il ne s’agit pas alors uniquement d’entendre le Kérygme mais de l’accueillir au plus profondément de nos vies car il « nous révèle (…) l’infinie miséricorde de Dieu » (n°164) et « exprime l’amour salvifique de Dieu » (n° 165)pour tous les hommes ; car la réponse à tel un mystère n’est bien autre que l’amour incommensurable de Dieu pour l’humanité. Dieu ne se résout pas à la perte de l’homme égaré et pécheur et « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité » (1Tim 2, 4). C’est pourquoi, le pape François précise que ce Kérygme équivaut à dire : « Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer » (n°164). La logique mortelle du mal, de la haine et du mépris n’a pas eu le dernier mot face à l’amour triomphant de Dieu.

Cette annonce kérygmatique doit toujours respecter l’adhésion libre de l’auditeur. Nous saisissons bien que la connaissance personnelle de Jésus mort et ressuscité ne se comprend que dans une relation établie avec lui, une relation personnelle de confiance et d’amour. L’adhésion à ce Kérygme implique inévitablement une conversion, une manière de penser et d’agir calquée sur l’enseignement des Evangiles pour entrer dans une plus étroite communion avec Dieu. Celui qui reçoit la Vie du Ressuscité dans le sacrement du Baptême devient à son tour et avec d’autres, messager de la Bonne Nouvelle du Kérygme car celui qui « a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ » (n°120). Comme le pape le précise enfin : « Certaines expressions de saint Paul ne devraient pas alors nous étonner : « L’amour du Christ nous presse (2Co 5, 14) ; « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! (1Co 9, 16) » (n°9). Christ est ressuscité alléluia ! A nous de l’annoncer en ce temps et en ce monde que nous devons consentir comme tels pour une évangélisation nouvelle.

Père Rodolphe EMARD

Dimanche de Pâques, le 20 avril 2014