Prédication disponible en format audio.

Pourquoi imaginer que l’aventure de Marie soit très différente de la nôtre ? Ce qu’elle a vécu chacun de nous le vit ou peut le vivre. L’Église contemple en Marie comme dans un miroir très pur ce qu’elle est et ce qu’elle espère être tout entière. Le parcours de Marie éclaire et annonce les étapes de notre route vers le sommet de la béatitude en Dieu.

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Elle appelée bienheureuse à cause de sa foi. Comme Marie, le chrétien accomplit le pèlerinage de la foi. Marie a commencé ses journées sans connaître les événements à venir. En revanche, elle se savait accompagnée, habitée par l’Esprit Saint. Les disciples ont reçu de la part du Ressuscité cette même garantie de ne pas être abandonnés : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des temps » (Évangile selon saint Matthieu 28, 20). Comme Marie, nous chantons le Magnificat dans les moments heureux de notre existence. Comme Marie, nous avons à vivre la sainteté au quotidien. Notre travail sanctifie la création, il nous sanctifie par le don de nous-mêmes à Dieu et aux autres, et il sanctifie le prochain par notre témoignage de compétence et de générosité. Comme Marie sur le Calvaire, nous subissons le choc d’épreuves physiques, morales et spirituelles. Devenir « mères du Christ», « mères de Dieu » Comme Marie, les baptisés ont pour vocation de devenir « les mères de Jésus-Christ ». Saint Augustin exhortait les baptisés de la Nuit pascale à devenir missionnaires pour être « mères du Christ, mères de Dieu » comme la Vierge Marie. Dans l’église d’Hippone (Afrique du Nord), les nouveau-nés de l’eau et de l’Esprit à Pâques ne comprenaient pas les propos de leur évêque : « Vous avez été des fils, soyez aussi des mères[1]. » En témoignant Jésus  par l’exemple et par parole, en conduisant les autres à la fontaine baptismale, le baptisé découvre avec émerveillement que Jésus naît dans le cœur des hommes et qu’il devient comme Marie « mère du Christ,  mère de Dieu ». Marie ne représente pas uniquement un mystère admirable mais surtout un mystère imitable. Puissions-nous imiter sa foi pour devenir comme elle disciples missionnaires, rayonnants de la lumière du Christ ressuscités, laissant derrière nous la tristesse d’une existence stérile pour aller de l’avant et façonner notre temps avec l’amour créateur de l’Esprit Saint qui a été répandu dans nos cœurs (cf. Rm 5, 5).

Fr. Manuel Rivero o. p. Cure de la cathédrale, Saint-Denis de La Réunion

Chemin de Carême, le 12 avril 2014

[1] Saint Augustin, Sermon Denis 25, cité dans « Le visage de l’Église. Saint Augustin ». Collection « Unam Sanctam », n°31. Paris, Cerf, 1958. P. 167-168.