Prédication disponible en format audio.

Nous poursuivons notre marche vers noël, nous allons à la rencontre de Dieu qui vient à notre rencontre

Il est écrit dans Isaïe, le prophète :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.

Nous pouvons faire une lecture spirituelle de ce passage : Cette voix qui crie dans le désert et qui interpelle c’est la voix de Dieu, de son Esprit qui interpelle l’homme dans les profondeurs de son être, ce désert serait un lieu aride, serait donc notre cœur. Oui Dieu est au-dedans et il nous parle, il n’a jamais cessé de nous parler. Mais le cœur de l’homme est « pollué » par le bruit environnant du coup il ne distingue plus la voix de son créateur, c’est pour cela que le psalmiste s’écrit « C’est le péché qui parle au coeur de l’impie ; * ses yeux ne voient pas que Dieu est terrible. 03 Il se voit d’un oeil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute Ps 36,2-3 Le péché a rendu l’homme sourd et aveugle pour voir et entendre ce qui est de Dieu. Sans la lumière de la foi, il ne distingue que ce qu’il voit c’est-à-dire le monde qui l’environne, c’est en cela qu’il croit et tout le reste ne sont que des phantasmes de certains illuminés. Même parmi les douze il y en avait un qui résonnait ainsi, Thomas qui ne croyait qu’en ce qu’il voyait, il donnera l’occasion à Jésus de donner l’ultime béatitude « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Pour bien comprendre cela, imaginons que notre âme soit une montagne dont le sommet touche les cieux. La partie basse de la montagne c’est notre intelligence, notre volonté, notre conscience et au sommet de cette montagne à la pointe de l’âme sa partie la plus haute se trouve l’Esprit qui est en relation avec Dieu qui est dans les cieux. Comme cette montagne est très haute la partie du bas ne voit pas ce qui se passe en haut car les nuages l’en empêchent. Par l’intelligence, c’est-à-dire la raison nous ne pouvons accéder à Dieu, elle nous permet de comprendre les choses du monde et survivre dans un monde hostile, mais ce qui n’est pas perceptible, ce qui est de l’ordre du spirituel lui échappe. Il faut que l’homme prenne conscience qu’il a une âme et un esprit qui lui permet d’accéder à une réalité supérieure, et qu’il se réconcilie avec la réalité de sa personne : il est corps, âme et Esprit.

La paix que nous donne le Christ est cette réconciliation de l’homme avec lui-même. C’est dans cette paix que nous trouvons notre équilibre, chaque partie de nous-même est bien disposée et chacune joue son rôle, par son corps et est en contact avec le monde, nous permet de communiquer avec les autres. Par l’intelligence et la volonté nous pouvons transformer le monde, par notre travail : notre engagement au sein de la société, notre vie sociale. Mais c’est par la foi que nous pouvons percevoir les réalités d’en haut, c’est l’Esprit que l’homme reçoit à son baptême qui lui permet de communiquer avec son créateur et de recevoir à chaque instant sa vie.

Je vous invite à méditer ce que Jésus disait à Nicodem :

 « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

 

Fabrice Patsoumoudou, Laïc – Avent 2017 – Lundi 12 décembre 2017