Prédication disponible en format audio.

En parlant de la Vierge Marie, le père Lataste (1862-1869), apôtre des prisons, écrit : « Elle est cette petite source d’où est sorti un grand fleuve immense qui s’est épanché sur toute la terre »[1].

Dieu aime ce qui est petit et humble. Aussi a-t-il choisi pour mère, non pas une reine dans un palais, mais une jeune fille de Nazareth.

En ce premier jour de la nouvelle année 2016, nous pouvons invoquer la Vierge Marie comme « Notre-Dame des commencements », lui confiant ce que nous sommes, ce que nous avons, notre corps et notre âme, notre vie et notre mort, afin de devenir comme elle saints par la grâce de la sainte Trinité –le Mère, le Fils et l’Esprit-Saint-, au service de l’Église et de l’humanité.

Dans le Salve Regina, nous faisons appel à la prière de la « Mère de miséricorde », « Mater misericordiae ». Bénéficiaire de la miséricorde divine qu’elle a chantée dans le Magnificat, la Vierge Marie nous inspire des sentiments et des actes de miséricorde afin de ressentir la souffrance d’autrui comme étant notre propre douleur. En fréquentant Marie dans la prière, nous lui ressemblons spirituellement en imitant sa foi et son amour.

Mater_Misericordiae

Le père Lataste exhortait ses disciples à se tourner vers Marie : « Allez donc à Marie, donnez-lui votre pensée, donnez-lui vos affections, donnez-lui votre cœur, car sa conversation n’a rien de triste, ni sa compagnie rien d’ennuyeux, loin de là, on y trouve toute allégresse et toute joie. Son amitié est pleine de douceur et ses mains d’inépuisables richesses ; la sagesse éclate dans toutes ses paroles, et la grâce dans tous ses entretiens (Sagesse 8, 16-18) » (Sermon 57).

Les personnes détenues aiment prier le chapelet. Souvent ils le portent à leur cou. Ils ressentent la tendresse de la Mère de Jésus devenue la Mère des chrétiens. La toute pure Vierge Marie n’a pas honte de s’approcher des pécheurs. Tout au contraire, sa sainteté resplendit dans l’amour des pécheurs pour lesquels elle prie sans cesse à la demande de l’Église : « Prie pour nous, pauvres pécheurs ».

L’amour des pécheurs représente un test pour vérifier la pureté de notre foi et les progrès de notre vie spirituelle. Sommes-nous miséricordieux ? Sommes-nous méprisants ?

L’Église de Jésus n’est pas un club de purs mais un Peuple de convertis et de sauvés. Le plus grand saint est le plus grand sauvé. La Vierge Marie est la plus grande sainte car pleinement sauvée du péché et de la mort par une grâce venant de la mort et de la résurrection de son Fils Jésus.

 

Prions

Sainte Marie, Mère de miséricorde, prie pour nous à l’heure des tentations.

Sainte Marie, amie de sainte Marie-Madeleine, prie pour nous à l’heure des chutes, des procès et des condamnations.

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous à l’heure de la maladie, des opérations et de la mort.

 

[1] Monique Longueira. Le père Jean-Joseph Lataste, dominicain, apôtre des prisons. Paris. Nouvelle Cité. 2012. P. 83. Sermon 145.

 

Fr. Manuel Rivero O.P. – Temps de l’Avent 2015